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Chapter 40 - CHAPITRE 40 Le monde sans Akai

Le lendemain...

Paris commença à se relever.

Lentement.

Très lentement.

Les rues étaient encore couvertes de débris.

Les bâtiments menaçaient de s'effondrer.

Les pompiers continuaient de chercher des survivants.

Les hôpitaux étaient remplis.

Des centaines de personnes avaient disparu.

Et personne ne savait combien étaient mortes.

Mais une chose était certaine.

Akai avait disparu.

Et cette fois...

Il n'y avait aucune trace.

Trois jours passèrent.

Puis une semaine.

Puis un mois.

Tsuki refusait toujours d'abandonner.

Chaque matin...

Il partait.

Il parcourait les ruines.

Les anciennes zones de combat.

Les endroits où les Éclipsés avaient été aperçus.

Les forêts.

Les montagnes.

Les villages.

Les anciennes ruines lunaires.

Partout.

Toujours la même question.

— Vous avez vu Akai ?

Toujours la même réponse.

Non.

Deux mois après l'Éclipse...

Les Maîtres commencèrent à comprendre quelque chose.

Les attaques des démons avaient diminué.

Pas disparu.

Mais diminué.

Comme si quelque chose avait changé.

Le Maître de l'Eau observait la Seine.

Elle coulait normalement.

Pourtant...

quelque chose la perturbait.

Il ferma les yeux.

Puis posa lentement sa main à la surface.

L'eau trembla.

Une image apparut.

Un instant.

Une silhouette.

Akai.

Le Maître de l'Eau ouvrit brutalement les yeux.

L'image disparut.

— Akai...

Il regarda la rivière.

Mais cette fois...

il ne souriait pas.

Parce qu'il venait de comprendre quelque chose.

Ce n'était pas un souvenir.

C'était...

une possibilité.

Pendant ce temps...

Arai avait continué son entraînement.

Chaque jour.

Sans exception.

Elle ne parlait presque plus d'Akai.

Mais elle conservait toujours le morceau de tissu qu'elle avait retrouvé.

Il était rangé dans une petite boîte.

À côté de son lit.

Personne ne le savait.

Personne...

sauf Tsuki.

Un soir...

Il entra dans la pièce.

Arai était assise près de la fenêtre.

— Tu ne dors pas ?

Elle ne répondit pas immédiatement.

Puis :

— Non.

Tsuki s'approcha.

— Tu penses à lui ?

Arai regarda la lune.

— Tous les jours.

Silence.

— Et toi ?

Tsuki sourit légèrement.

— Moi aussi.

Arai baissa les yeux.

— Tu crois vraiment qu'il est vivant ?

Tsuki répondit immédiatement.

— Oui.

— Même après tout ce temps ?

— Oui.

Arai le regarda.

— Pourquoi ?

Tsuki posa une main sur son cœur.

— Parce que je le sentirais.

Un silence.

Puis Arai sourit faiblement.

— Alors...

Elle regarda à nouveau la lune.

— On doit continuer à le chercher.

Tsuki hocha la tête.

— Oui.

Un an passa.

Un seul.

Mais pour ceux qui étaient restés...

il semblait en avoir passé dix.

Paris avait changé.

Les bâtiments avaient été reconstruits.

Les rues avaient été nettoyées.

Les cicatrices de l'Éclipse étaient encore visibles.

Mais la ville vivait à nouveau.

Les gens avaient recommencé à sortir.

À travailler.

À rire.

À vivre.

Certains avaient même commencé à dire que tout cela était terminé.

Une catastrophe.

Un événement unique.

Une histoire qui appartenait désormais au passé.

Mais les Maîtres savaient.

Ce n'était pas terminé.

Dans une immense salle...

Les quatre Maîtres étaient réunis.

Le Maître de la Terre posa un document sur la table.

— Les attaques ont diminué de soixante-dix pour cent.

Le Maître du Feu fronça les sourcils.

— Depuis qu'Akai a disparu.

— Exactement.

Le Maître du Vent croisa les bras.

— Tu crois que c'est lié ?

Personne ne répondit.

La Maîtresse de l'Eau regardait par la fenêtre.

Puis elle murmura :

— Oui.

Tous se tournèrent vers elle.

— J'ai vu Akai.

Silence.

— Où ?

— Dans l'eau.

Le Maître du Feu fronça les sourcils.

— Un souvenir ?

— Non.

La Maîtresse de l'Eau secoua la tête.

— Quelque chose d'autre.

Elle ferma les yeux.

— Je ne sais pas encore ce que c'était.

Le Maître de la Terre se leva.

— Alors nous devons retourner dans les archives.

Noctis entra dans la salle.

— Je l'ai déjà fait.

Tous se tournèrent vers lui.

Il posa plusieurs documents sur la table.

— Et j'ai trouvé quelque chose.

Pendant ce temps...

Très loin.

Dans l'obscurité.

Akai était toujours là.

Il ne savait pas combien de temps s'était écoulé.

Un jour ?

Une semaine ?

Une année ?

Le temps n'existait pas ici.

Il marchait.

Encore.

Toujours.

Sans savoir où il allait.

Parfois...

il voyait des choses.

Une rue.

Une maison.

Un visage.

Arai.

Tsuki.

Les Maîtres.

Paris.

Puis tout disparaissait.

Comme des souvenirs qui n'étaient pas les siens.

Akai commençait à comprendre.

Cet endroit...

ne lui montrait pas le passé.

Il lui montrait autre chose.

Le futur.

Un jour...

Akai aperçut de nouveau l'homme.

Il était debout au milieu de l'obscurité.

Toujours le même visage.

Toujours le même sourire.

Akai s'approcha.

— Qui es-tu ?

L'homme ne répondit pas.

— Pourquoi tu me montres tout ça ?

Silence.

Akai serra les poings.

— Pourquoi moi ?

L'homme le regarda.

Puis sourit.

Akai commença à s'énerver.

— Réponds-moi !

L'homme resta immobile.

Puis...

il leva simplement une main.

L'obscurité changea.

Akai vit Paris.

Mais Paris était différente.

Les rues étaient couvertes de sang.

Les bâtiments étaient détruits.

Les flammes montaient jusqu'au ciel.

Les Maîtres combattaient.

Le Maître du Feu hurlait.

Le Maître de la Terre était à genoux.

Le Maître du Vent saignait.

Le Maître de l'Eau pleurait.

Et au centre...

Akai était là.

Mais il était différent.

Ses yeux étaient noirs.

Des veines sombres parcouraient son visage.

Une énergie terrifiante entourait son corps.

Tsuki se tenait devant lui.

Une lame à la main.

Il tremblait.

— Akai...

Akai leva lentement la tête.

Puis...

il sourit.

Tsuki cria :

— REVIENS !

Akai avança.

Tsuki attaqua.

Akai détourna les yeux.

— Non...

L'image disparut.

Il se retourna vers l'homme.

— Ce n'est pas moi.

L'homme souriait.

Akai secoua la tête.

— Je ne ferai jamais ça.

Le sourire de l'homme ne changea pas.

— Tu en es certain ?

Akai resta silencieux.

L'homme s'approcha.

Puis murmura :

— Tu le pensais déjà...

Il marqua une pause.

— avant même de me rencontrer.

Akai recula.

— Qu'est-ce que tu racontes ?

L'homme ne répondit pas.

Il regarda simplement derrière Akai.

Akai se retourna.

Une nouvelle image apparut.

Arai.

Elle était seule.

Elle pleurait.

Elle tenait quelque chose dans ses mains.

Le morceau de tissu.

— Akai...

Sa voix tremblait.

— Pourquoi tu m'as laissée ?

Akai sentit son cœur se serrer.

— Arai...

Il voulut avancer.

Mais l'image disparut.

Il se retourna brutalement.

L'homme avait disparu.

Akai resta seul.

Puis...

dans l'obscurité...

une voix résonna.

— Tu comprendras.

Akai ferma les yeux.

Et pour la première fois...

il eut peur de rentrer.

Très loin de là...

Sur le toit d'un immeuble.

Le Maître de la Foudre regardait la lune.

Un an.

Un an depuis l'Éclipse.

Il souriait toujours.

Une petite étincelle apparut au bout de ses doigts.

— Un an...

Il leva les yeux.

— Et ils ne comprennent toujours rien.

Hé hé hé...

Il rit doucement.

Puis son sourire disparut.

— Mais bientôt...

Il regarda la lune.

— Il reviendra.

Une immense décharge traversa le ciel.

KRAAAAAAAK.

Et pendant une fraction de seconde...

quelque chose apparut derrière la lune.

Deux yeux.

Puis plus rien.

Dans l'obscurité...

Akai ouvrit les yeux.

L'homme était revenu.

Cette fois...

il était beaucoup plus proche.

Akai ne dit rien.

L'homme sourit.

Puis...

il tendit la main.

Akai regarda cette main.

Longtemps.

Il hésita.

Puis leva lentement la sienne.

Leurs doigts allaient presque se toucher.

Quand soudain...

un bruit retentit.

BOOOOOOOOOOOOOOM.

Akai se figea.

Un battement.

Puis un deuxième.

BOOOOOOOOOOOOOOM.

L'homme sourit davantage.

Akai regarda autour de lui.

— C'était quoi ?

L'homme ne répondit pas.

Un troisième battement.

BOOOOOOOOOOOOOOM.

Cette fois...

Akai sentit quelque chose.

Quelque chose qu'il connaissait.

Quelque chose qui venait de son propre corps.

Son cœur.

Il posa une main sur sa poitrine.

Et murmura :

— Pourquoi...

Le sourire de l'homme disparut.

Pour la première fois.

Son visage devint sérieux.

Il regarda Akai.

Puis dit simplement :

— Parce qu'il se réveille.

BOOOOOOOOOOOOOOM.

À suivre...

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