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Chapter 23 - Chapitre 23 — “Le Cœur du Doute”

La lumière de l'aube filtrait à peine dans la chambre lorsque Ren ouvrit les yeux. La douleur dans son bras gauche n'avait pas disparu : la brûlure laissée par l'attaque d'Akuma pulsait encore comme une marque vivante. Pourtant, ce n'était pas la blessure qui le réveillait…

C'était l'inquiétude.

Hana n'était pas revenue dans la chambre qu'elle partageait avec Aiko.

Il se redressa, encore groggy. Dans le silence de l'auberge, son souffle lui paraissait trop fort, trop lourd. Depuis leur arrivée à Lumina, Hana avait changé. Son regard se perdait plus souvent. Ses réponses devenaient plus courtes. On aurait dit qu'elle cachait quelque chose. Ou qu'elle portait un poids qu'elle refusait de partager.

Ren passa une main dans ses cheveux, tenta de reprendre son calme.

« Je dois lui parler… » murmura-t-il.

Il sortit dans le couloir. La porte de la chambre des filles était entrouverte.

Il inspira profondément… puis frappa.

Aiko ouvrit, encore endormie, un oreiller dans les bras.

— Ren… ? Qu'est-ce que tu fais levé si tôt ?

— Hana est là ?

Aiko secoua la tête.

— Non. Elle est partie avant le lever du soleil. Elle avait l'air… perturbée.

Ren sentit son estomac se serrer.

— Tu sais où elle est allée ?

— Elle n'a rien dit. Juste qu'elle devait réfléchir.

Le jeune homme remercia Aiko puis descendit les escaliers de l'auberge. La ville venait à peine de s'éveiller : marchands installant leurs étals, gardes sur les remparts, enfants courant entre les ruelles. Lumina semblait paisible, mais Ren savait que cette paix n'était qu'une façade tendue, fragile, prête à se fissurer au moindre choc.

Il marcha vers le vieux pont en pierre qui traversait la rivière. C'était l'un des rares endroits où Hana se rendait quand elle avait besoin de solitude.

Et il avait raison.

La silhouette de la jeune fille se dessinait, immobile, dos tourné, face à l'eau. Les cheveux portée par le vent. Une aura mélancolique autour d'elle.

Ren s'approcha doucement.

— Hana…

Elle ne bougea pas.

Il se plaça à ses côtés.

Ce n'est qu'après une longue minute qu'elle accepta enfin de briser le silence :

— Je suis désolée, Ren.

Il fronça les sourcils.

— Désolée de quoi ?

Elle inspira profondément.

— Je te cache quelque chose… et je sais que ça te blesse, même si tu ne le dis pas. Je le vois dans tes yeux. Dans ta façon de me regarder.

Ren avala difficilement sa salive.

— Alors dis-moi. Je ne veux rien forcer, mais… tu n'es pas seule. Pas avec moi.

Ses mots tremblaient légèrement, mais ils étaient sincères.

Hana serra les poings.

— Ce qui s'est passé avec Akuma… Ce n'était pas un accident. Il m'a reconnue. Il savait… ce que je suis vraiment.

Ren resta immobile, attendant.

Elle inspira encore une fois, comme si parler lui coûtait physiquement :

— Je ne suis pas seulement une Astra Soul…

Elle releva les yeux vers lui, et Ren fut frappé par l'ombre dans son regard.

— Je suis aussi… liée à leur Roi.

Ren sentit le monde basculer une seconde.

— Leur… Roi ? répéta-t-il, surpris.

Hana hocha la tête, le regard perdu.

— Ma naissance n'a jamais été normale. Ni mon pouvoir. Je suis née d'un fragment d'énergie du Roi des Akuma. C'est pour ça qu'ils me traquent. Pour ça qu'ils me reconnaissent. Et… pour ça que je leur ressemble.

Elle détourna le regard, comme si elle avait honte.

Le silence tomba, lourd, presque suffocant. Ren ressentit un mélange de choc, d'incompréhension… et de colère contre lui-même.

Colère de ne pas l'avoir aidée plus tôt.

De ne pas avoir vu à quel point elle souffrait seule.

Il serra les poings.

— Hana… écoute-moi bien.

Elle le regarda enfin.

— Peu importe d'où vient ton pouvoir. Peu importe ce que tu portes. Tu n'es pas comme eux.

Il posa une main sur son épaule.

— Tu es Hana. Celle qui m'a sauvé. Celle qui protège Aiko. Celle qui a choisi notre camp. Et je ne te laisserai jamais porter ça seule.

Les yeux de la jeune fille s'élargirent. Une larme silencieuse glissa sur sa joue.

— Ren… pourquoi tu me fais confiance ? Je pourrais…

— Tu pourrais quoi ? me blesser ?

Il sourit doucement.

— Alors je serrerai les dents. Tu pourrais me trahir ?

Il secoua la tête.

— Je ne crois pas une seconde que tu serais capable de faire du mal à quelqu'un que tu veux protéger.

Elle tomba à genoux, les émotions la submergeant enfin.

Ren se mit à genoux à son tour et la prit doucement dans ses bras.

Hana posa son front contre son torse et murmura d'une voix presque brisée :

— J'ai tellement peur, Ren…

Il la serra davantage.

— Alors on aura peur ensemble.

Pendant un long moment, ils restèrent ainsi, jusque la lumière du soleil illuminant timidement le pont.

Puis Hana se redressa, plus calme.

— Merci, Ren. Vraiment.

Il se releva aussi.

— On retourne ? Aiko va s'inquiéter.

Hana hocha la tête.

Mais alors qu'ils reprenaient le chemin de l'auberge, une ombre se matérialisa au-dessus d'eux.

— Comme c'est touchant.

Ren et Hana levèrent brusquement la tête.

Une silhouette masculine, enveloppée de flammes vertes, les observait depuis un toit.

Son regard brûlant se fixa sur Hana.

— Tu peux cacher ton cœur à ces humains… mais tu ne peux rien me cacher, Princesse des Akuma.

Le sang de Ren se glaça.

Hana aussi blêmit.

L'inconnu sourit, dévoilant des crocs acérés :

— Le Roi t'attend, Hana.

Et la terreur recommença.La lumière de l'aube filtrait à peine dans la chambre lorsque Ren ouvrit les yeux. La douleur dans son bras gauche n'avait pas disparu : la brûlure laissée par l'attaque d'Akuma pulsait encore comme une marque vivante. Pourtant, ce n'était pas la blessure qui le réveillait…

C'était l'inquiétude.

Hana n'était pas revenue dans la chambre qu'elle partageait avec Aiko.

Il se redressa, encore groggy. Dans le silence de l'auberge, son souffle lui paraissait trop fort, trop lourd. Depuis leur arrivée à Lumina, Hana avait changé. Son regard se perdait plus souvent. Ses réponses devenaient plus courtes. On aurait dit qu'elle cachait quelque chose. Ou qu'elle portait un poids qu'elle refusait de partager.

Ren passa une main dans ses cheveux, tenta de reprendre son calme.

« Je dois lui parler… » murmura-t-il.

Il sortit dans le couloir. La porte de la chambre des filles était entrouverte.

Il inspira profondément… puis frappa.

Aiko ouvrit, encore endormie, un oreiller dans les bras.

— Ren… ? Qu'est-ce que tu fais levé si tôt ?

— Hana est là ?

Aiko secoua la tête.

— Non. Elle est partie avant le lever du soleil. Elle avait l'air… perturbée.

Ren sentit son estomac se serrer.

— Tu sais où elle est allée ?

— Elle n'a rien dit. Juste qu'elle devait réfléchir.

Le jeune homme remercia Aiko puis descendit les escaliers de l'auberge. La ville venait à peine de s'éveiller : marchands installant leurs étals, gardes sur les remparts, enfants courant entre les ruelles. Lumina semblait paisible, mais Ren savait que cette paix n'était qu'une façade tendue, fragile, prête à se fissurer au moindre choc.

Il marcha vers le vieux pont en pierre qui traversait la rivière. C'était l'un des rares endroits où Hana se rendait quand elle avait besoin de solitude.

Et il avait raison.

La silhouette de la jeune fille se dessinait, immobile, dos tourné, face à l'eau. Les cheveux portée par le vent. Une aura mélancolique autour d'elle.

Ren s'approcha doucement.

— Hana…

Elle ne bougea pas.

Il se plaça à ses côtés.

Ce n'est qu'après une longue minute qu'elle accepta enfin de briser le silence :

— Je suis désolée, Ren.

Il fronça les sourcils.

— Désolée de quoi ?

Elle inspira profondément.

— Je te cache quelque chose… et je sais que ça te blesse, même si tu ne le dis pas. Je le vois dans tes yeux. Dans ta façon de me regarder.

Ren avala difficilement sa salive.

— Alors dis-moi. Je ne veux rien forcer, mais… tu n'es pas seule. Pas avec moi.

Ses mots tremblaient légèrement, mais ils étaient sincères.

Hana serra les poings.

— Ce qui s'est passé avec Akuma… Ce n'était pas un accident. Il m'a reconnue. Il savait… ce que je suis vraiment.

Ren resta immobile, attendant.

Elle inspira encore une fois, comme si parler lui coûtait physiquement :

— Je ne suis pas seulement une Astra Soul…

Elle releva les yeux vers lui, et Ren fut frappé par l'ombre dans son regard.

— Je suis aussi… liée à leur Roi.

Ren sentit le monde basculer une seconde.

— Leur… Roi ? répéta-t-il, surpris.

Hana hocha la tête, le regard perdu.

— Ma naissance n'a jamais été normale. Ni mon pouvoir. Je suis née d'un fragment d'énergie du Roi des Akuma. C'est pour ça qu'ils me traquent. Pour ça qu'ils me reconnaissent. Et… pour ça que je leur ressemble.

Elle détourna le regard, comme si elle avait honte.

Le silence tomba, lourd, presque suffocant. Ren ressentit un mélange de choc, d'incompréhension… et de colère contre lui-même.

Colère de ne pas l'avoir aidée plus tôt.

De ne pas avoir vu à quel point elle souffrait seule.

Il serra les poings.

— Hana… écoute-moi bien.

Elle le regarda enfin.

— Peu importe d'où vient ton pouvoir. Peu importe ce que tu portes. Tu n'es pas comme eux.

Il posa une main sur son épaule.

— Tu es Hana. Celle qui m'a sauvé. Celle qui protège Aiko. Celle qui a choisi notre camp. Et je ne te laisserai jamais porter ça seule.

Les yeux de la jeune fille s'élargirent. Une larme silencieuse glissa sur sa joue.

— Ren… pourquoi tu me fais confiance ? Je pourrais…

— Tu pourrais quoi ? me blesser ?

Il sourit doucement.

— Alors je serrerai les dents. Tu pourrais me trahir ?

Il secoua la tête.

— Je ne crois pas une seconde que tu serais capable de faire du mal à quelqu'un que tu veux protéger.

Elle tomba à genoux, les émotions la submergeant enfin.

Ren se mit à genoux à son tour et la prit doucement dans ses bras.

Hana posa son front contre son torse et murmura d'une voix presque brisée :

— J'ai tellement peur, Ren…

Il la serra davantage.

— Alors on aura peur ensemble.

Pendant un long moment, ils restèrent ainsi, jusque la lumière du soleil illuminant timidement le pont.

Puis Hana se redressa, plus calme.

— Merci, Ren. Vraiment.

Il se releva aussi.

— On retourne ? Aiko va s'inquiéter.

Hana hocha la tête.

Mais alors qu'ils reprenaient le chemin de l'auberge, une ombre se matérialisa au-dessus d'eux.

— Comme c'est touchant.

Ren et Hana levèrent brusquement la tête.

Une silhouette masculine, enveloppée de flammes vertes, les observait depuis un toit.

Son regard brûlant se fixa sur Hana.

— Tu peux cacher ton cœur à ces humains… mais tu ne peux rien me cacher, Princesse des Akuma.

Le sang de Ren se glaça.

Hana aussi blêmit.

L'inconnu sourit, dévoilant des crocs acérés :

— Le Roi t'attend, Hana.

Et la terreur recommença.La lumière de l'aube filtrait à peine dans la chambre lorsque Ren ouvrit les yeux. La douleur dans son bras gauche n'avait pas disparu : la brûlure laissée par l'attaque d'Akuma pulsait encore comme une marque vivante. Pourtant, ce n'était pas la blessure qui le réveillait…

C'était l'inquiétude.

Hana n'était pas revenue dans la chambre qu'elle partageait avec Aiko.

Il se redressa, encore groggy. Dans le silence de l'auberge, son souffle lui paraissait trop fort, trop lourd. Depuis leur arrivée à Lumina, Hana avait changé. Son regard se perdait plus souvent. Ses réponses devenaient plus courtes. On aurait dit qu'elle cachait quelque chose. Ou qu'elle portait un poids qu'elle refusait de partager.

Ren passa une main dans ses cheveux, tenta de reprendre son calme.

« Je dois lui parler… » murmura-t-il.

Il sortit dans le couloir. La porte de la chambre des filles était entrouverte.

Il inspira profondément… puis frappa.

Aiko ouvrit, encore endormie, un oreiller dans les bras.

— Ren… ? Qu'est-ce que tu fais levé si tôt ?

— Hana est là ?

Aiko secoua la tête.

— Non. Elle est partie avant le lever du soleil. Elle avait l'air… perturbée.

Ren sentit son estomac se serrer.

— Tu sais où elle est allée ?

— Elle n'a rien dit. Juste qu'elle devait réfléchir.

Le jeune homme remercia Aiko puis descendit les escaliers de l'auberge. La ville venait à peine de s'éveiller : marchands installant leurs étals, gardes sur les remparts, enfants courant entre les ruelles. Lumina semblait paisible, mais Ren savait que cette paix n'était qu'une façade tendue, fragile, prête à se fissurer au moindre choc.

Il marcha vers le vieux pont en pierre qui traversait la rivière. C'était l'un des rares endroits où Hana se rendait quand elle avait besoin de solitude.

Et il avait raison.

La silhouette de la jeune fille se dessinait, immobile, dos tourné, face à l'eau. Les cheveux portée par le vent. Une aura mélancolique autour d'elle.

Ren s'approcha doucement.

— Hana…

Elle ne bougea pas.

Il se plaça à ses côtés.

Ce n'est qu'après une longue minute qu'elle accepta enfin de briser le silence :

— Je suis désolée, Ren.

Il fronça les sourcils.

— Désolée de quoi ?

Elle inspira profondément.

— Je te cache quelque chose… et je sais que ça te blesse, même si tu ne le dis pas. Je le vois dans tes yeux. Dans ta façon de me regarder.

Ren avala difficilement sa salive.

— Alors dis-moi. Je ne veux rien forcer, mais… tu n'es pas seule. Pas avec moi.

Ses mots tremblaient légèrement, mais ils étaient sincères.

Hana serra les poings.

— Ce qui s'est passé avec Akuma… Ce n'était pas un accident. Il m'a reconnue. Il savait… ce que je suis vraiment.

Ren resta immobile, attendant.

Elle inspira encore une fois, comme si parler lui coûtait physiquement :

— Je ne suis pas seulement une Astra Soul…

Elle releva les yeux vers lui, et Ren fut frappé par l'ombre dans son regard.

— Je suis aussi… liée à leur Roi.

Ren sentit le monde basculer une seconde.

— Leur… Roi ? répéta-t-il, surpris.

Hana hocha la tête, le regard perdu.

— Ma naissance n'a jamais été normale. Ni mon pouvoir. Je suis née d'un fragment d'énergie du Roi des Akuma. C'est pour ça qu'ils me traquent. Pour ça qu'ils me reconnaissent. Et… pour ça que je leur ressemble.

Elle détourna le regard, comme si elle avait honte.

Le silence tomba, lourd, presque suffocant. Ren ressentit un mélange de choc, d'incompréhension… et de colère contre lui-même.

Colère de ne pas l'avoir aidée plus tôt.

De ne pas avoir vu à quel point elle souffrait seule.

Il serra les poings.

— Hana… écoute-moi bien.

Elle le regarda enfin.

— Peu importe d'où vient ton pouvoir. Peu importe ce que tu portes. Tu n'es pas comme eux.

Il posa une main sur son épaule.

— Tu es Hana. Celle qui m'a sauvé. Celle qui protège Aiko. Celle qui a choisi notre camp. Et je ne te laisserai jamais porter ça seule.

Les yeux de la jeune fille s'élargirent. Une larme silencieuse glissa sur sa joue.

— Ren… pourquoi tu me fais confiance ? Je pourrais…

— Tu pourrais quoi ? me blesser ?

Il sourit doucement.

— Alors je serrerai les dents. Tu pourrais me trahir ?

Il secoua la tête.

— Je ne crois pas une seconde que tu serais capable de faire du mal à quelqu'un que tu veux protéger.

Elle tomba à genoux, les émotions la submergeant enfin.

Ren se mit à genoux à son tour et la prit doucement dans ses bras.

Hana posa son front contre son torse et murmura d'une voix presque brisée :

— J'ai tellement peur, Ren…

Il la serra davantage.

— Alors on aura peur ensemble.

Pendant un long moment, ils restèrent ainsi, jusque la lumière du soleil illuminant timidement le pont.

Puis Hana se redressa, plus calme.

— Merci, Ren. Vraiment.

Il se releva aussi.

— On retourne ? Aiko va s'inquiéter.

Hana hocha la tête.

Mais alors qu'ils reprenaient le chemin de l'auberge, une ombre se matérialisa au-dessus d'eux.

— Comme c'est touchant.

Ren et Hana levèrent brusquement la tête.

Une silhouette masculine, enveloppée de flammes vertes, les observait depuis un toit.

Son regard brûlant se fixa sur Hana.

— Tu peux cacher ton cœur à ces humains… mais tu ne peux rien me cacher, Princesse des Akuma.

Le sang de Ren se glaça.

Hana aussi blêmit.

L'inconnu sourit, dévoilant des crocs acérés :

— Le Roi t'attend, Hana.

Et la terreur recommença.

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