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Chapter 11 - Chapitre 11 — La lumière dans la mine

Le matin était encore frais lorsque Aren franchit les portes de Dundorma.

La ville s’éveillait lentement. Les marchands installaient leurs étals, les chasseurs rentrés tard dans la nuit terminaient leurs repas dans les tavernes, et les artisans ouvraient leurs ateliers.

Aren resserra les sangles de son sac.

La veille, il avait dépensé cinq cents zenny pour acheter tout ce dont il aurait besoin pour une expédition minière : une bonne pioche, plusieurs sacs solides, de nouvelles cordes et quelques rations supplémentaires.

Ce n’était pas une chasse.

Mais une expédition restait dangereuse.

Dans le monde sauvage, il n’existait jamais de véritables zones sûres.

La vieille mine abandonnée se trouvait dans une région montagneuse à une journée et demie de marche de la ville.

Aren jeta un dernier regard vers les tours de Dundorma.

Puis il se mit en route.

Le paysage changea progressivement.

Les plaines autour de la ville laissèrent place à des collines rocheuses.

Le sol devint irrégulier.

La végétation se fit plus rare.

Des falaises grises se dressaient parfois comme d’énormes murailles naturelles, creusées par le vent et les pluies des siècles passés.

Aren marchait d’un pas constant.

Il avait appris depuis longtemps qu’un voyage se gagnait par la régularité, pas par la vitesse.

Au fil des heures, le sentier se transforma en simple piste poussiéreuse.

Le vent sifflait entre les pierres.

Le soleil descendait déjà vers l’horizon lorsqu’Aren trouva un petit plateau rocheux pour passer la nuit.

Il alluma un feu discret.

Mangea une ration.

Puis s’endormit sous le ciel clair.

Le lendemain, il reprit la route à l’aube.

Et peu après midi…

il aperçut enfin la vallée.

La mine abandonnée se trouvait au fond d’un cirque rocheux.

Aren s’arrêta sur une hauteur pour observer la zone.

L’entrée de la mine ressemblait à une gueule sombre creusée dans la montagne.

Autour d’elle, les vestiges d’un ancien camp minier s’étendaient dans un silence total.

Des baraquements effondrés.

Des structures de bois pourries.

Des rails rouillés menant jusqu’à l’entrée de la mine.

Tout semblait abandonné depuis longtemps.

Peut-être des années.

Peut-être des décennies.

Aren resta immobile plusieurs minutes.

Il observait.

Un chasseur ne se précipitait jamais dans un lieu inconnu.

Il descendit lentement la pente.

Une fois dans la vallée, il commença à examiner les alentours.

Il cherchait des traces.

Empreintes.

Restes de proies.

Griffures sur la pierre.

Après quelques minutes, il trouva des marques.

Des traces de pas.

Mais elles étaient petites.

Probablement des petits monstres.

Rien d’alarmant.

Aren continua son inspection.

Finalement, il trouva un endroit parfait pour installer son camp.

Un renfoncement rocheux légèrement surélevé, à une cinquantaine de mètres de l’entrée de la mine.

Depuis là, il pouvait surveiller les alentours.

Il installa son camp rapidement.

Une couverture.

Un petit foyer.

Ses sacs soigneusement rangés.

Une fois installé, il observa les alentours.

Des plantes poussaient entre les pierres.

Certaines avaient des feuilles épaisses et brillantes.

Aren s’accroupit.

Une idée lui vint.

Il commença à récolter plusieurs de ces plantes.

Puis il chercha une branche solide.

Il trouva un bâton sec et robuste.

Ensuite, il sortit de son sac un morceau de peau de monstre qu’il conservait depuis une ancienne chasse.

Avec méthode, il enroula la peau autour de l’extrémité du bâton.

Puis il écrasa les plantes entre deux pierres.

Un liquide huileux en coula.

Il imprégna la peau avec cette huile naturelle.

Quelques minutes plus tard, il tenait une torche improvisée.

Une étincelle.

La flamme prit immédiatement.

La torche brûlait avec une lumière chaude et stable.

Aren hocha la tête.

« Ça fera l’affaire. »

Il prit sa pioche.

Puis il se dirigea vers la mine.

L’entrée avala la lumière du jour presque immédiatement.

À quelques mètres seulement, l’obscurité devint profonde.

La torche éclairait les parois rocheuses.

La mine était immense.

Les galeries s’enfonçaient profondément dans la montagne.

Des rails rouillés serpentaient encore au sol.

De vieilles poutres soutenaient le plafond.

Certaines grinçaient sous leur propre poids.

Aren avançait lentement.

Très lentement.

Chaque pas était calculé.

Les bruits dans une mine pouvaient être trompeurs.

Un simple écho pouvait ressembler à un mouvement.

Des champignons lumineux poussaient par endroits sur les parois.

Leur lueur bleutée donnait à la galerie une atmosphère irréelle.

Sur le sol, Aren aperçut des traces.

De petites empreintes.

Rien de très inquiétant.

Après plusieurs minutes d’exploration, il trouva enfin ce qu’il cherchait.

Un filon métallique traversait la paroi rocheuse.

Aren planta la torche dans une fissure du mur.

Puis il sortit sa pioche.

CLANG.

Le bruit résonna dans la galerie.

Il s’arrêta.

Écouta.

Rien.

Il reprit.

CLANG.

Après plusieurs coups précis, un morceau de roche se détacha.

Il le ramassa.

La surface sombre brillait légèrement.

Du minerai de fer.

Aren laissa échapper un léger souffle satisfait.

Il continua de travailler, avec prudence.

La mine était vieille.

Instable.

Chaque coup devait être mesuré.

Après quelques minutes, il avait déjà rempli une partie de son sac.

Mais alors qu’il s’apprêtait à repartir…

Aren observa la galerie qui continuait plus loin.

L’obscurité y était encore plus profonde.

Il hésita.

Puis il prit la torche.

« Juste un coup d’œil… »

Il s’enfonça plus loin.

La galerie s’élargissait.

Les parois étaient couvertes de champignons lumineux.

La lumière bleutée se reflétait sur la pierre humide.

Aren avançait lentement.

Puis il entendit un bruit.

Un cri aigu.

Il s’immobilisa.

Puis il aperçut un mouvement plus loin dans la galerie.

Il s’approcha prudemment.

Et alors…

il assista à une scène étrange.

Un grand monstre se tenait au centre d’une cavité rocheuse.

Son corps était massif.

Recouvert d’une peau bleu-grise caoutchouteuse.

Ses ailes portaient une membrane beige.

Son long cou était orné d’écailles roses.

Et sa queue… longue et rose… se terminait par un bulbe étrange.

Aren retint son souffle.

Un Gypceros.

La créature avançait lentement.

Autour d’elle, plusieurs petits monstres fouillaient le sol.

Probablement des charognards.

Le Gypceros leva la tête.

Puis il claqua ses mâchoires.

Une fois.

Deux fois.

Trois fois.

Sa corne frappa sa crête.

Et soudain—

FLASH.

Une lumière aveuglante explosa dans la cavité.

Les petits monstres poussèrent des cris paniqués.

Complètement désorientés.

Le Gypceros bondit immédiatement.

Son bec frappa l’un d’eux.

Sa queue élastique s’allongea soudainement et balaya un second.

En quelques secondes, la chasse était terminée.

Aren resta parfaitement immobile dans l’ombre.

Son cœur battait lentement.

Il observait.

Le monstre était rusé.

Extrêmement rusé.

Le Gypceros fouilla ensuite le sol avec son bec.

Puis il avala sa proie.

Aren remarqua un détail inquiétant.

La crête au sommet de sa tête brillait faiblement.

Le cristal pulsait.

Même dans l’obscurité.

Le monstre renifla l’air.

Aren se figea.

Le Gypceros leva lentement la tête.

Ses yeux brillaient dans la pénombre.

Il regardait directement vers l’endroit où Aren se trouvait.

Le chasseur comprit immédiatement.

Il avait été repéré.

Et dans la pénombre de la mine…

la wyverne commença lentement à avancer.

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