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Chapter 9 - Chapitre 9 — Retour à Dundorma

Le soleil déclinait lentement au-dessus des marais de Galdur lorsque les chasseurs terminèrent leur travail.

Le gigantesque corps du Barroth reposait désormais immobile dans la boue. La créature qui, quelques heures plus tôt, chargeait comme une tempête vivante, n’était plus qu’une masse silencieuse de chair et de carapace brisée.

La brume du marais commençait déjà à revenir.

Aren essuya la lame de son katana avec un chiffon épais. La boue et le sang avaient presque disparu, laissant réapparaître l’éclat froid de l’acier.

Autour de lui, les autres chasseurs travaillaient.

Après une chasse, chacun connaissait son rôle.

Darek utilisait une lourde scie de chasse pour détacher plusieurs plaques solides de la carapace du Barroth.

Le métal grinçait contre la surface dure.

« Celle-là est encore en bon état », grogna-t-il en tirant sur une large plaque brunâtre.

Lyria était accroupie près des pattes du monstre. Avec un couteau fin, elle retirait plusieurs griffes épaisses avec une précision impressionnante.

« Si les marchands ne tentent pas encore de nous arnaquer… » dit-elle calmement.

Milo, lui, récupérait les preuves de la chasse.

Il découpa soigneusement un large morceau de carapace fissurée, encore marqué par l’explosion des bombes.

Sans preuve, la guilde refusait de valider une chasse.

Il leva le morceau de carapace.

« Ça devrait suffire pour convaincre la guilde. »

Aren s’approcha et observa la fissure dans la carapace.

Il passa la main sur la surface brisée.

Les bombes avaient vraiment fait la différence.

Sans cela…

Ils seraient probablement encore en train de se battre.

Milo lui donna une tape amicale sur l’épaule.

« Belle idée. »

Aren secoua légèrement la tête.

« Sans ta flèche, ça n’aurait servi à rien. »

Darek éclata de rire.

« Bon, vous avez fini de vous complimenter ? On termine le travail avant que les charognards arrivent. »

Le travail dura encore un long moment.

Ils récupérèrent tout ce qui pouvait être utile : plaques de carapace, griffes, fragments d’os solides et quelques écailles.

Quand tout fut terminé, il ne restait plus qu’une carcasse gigantesque à moitié enfoncée dans la boue.

Le vent souffla doucement dans les roseaux.

La chasse était terminée.

Ils retournèrent au camp alors que la lumière du soir colorait les marais d’un orange profond.

Le camp était simple : deux tentes, quelques caisses de matériel et un feu encore chaud.

Mais après une chasse comme celle-ci, cela ressemblait presque à un refuge.

Darek posa son sac lourd près du feu.

« Bon. Première chose. On soigne les blessures. »

Lyria s’assit sur une caisse et banda sa côte.

Aren nettoya la coupure sur son bras avec de l’eau claire.

La brûlure le fit grimacer.

Milo versa un peu d’alcool sur une entaille à sa jambe.

Il serra les dents.

« Par les anciens… ça pique. »

Darek éclata de rire.

« C’est comme ça qu’on sait que ça marche. »

Une fois les blessures pansées, ils nettoyèrent leurs armes et leurs armures.

La boue des marais s’était infiltrée partout.

Aren passa lentement la pierre à aiguiser sur son katana.

Le bruit régulier de la pierre contre l’acier accompagnait le crépitement du feu.

Bientôt, une bonne odeur de nourriture se répandit dans le camp.

Darek avait sorti une marmite et quelques provisions.

« Ce soir, on mange bien. »

Il posa aussi une bouteille d’alcool sur la caisse.

Milo leva son gobelet.

« À la survie. »

Lyria sourit légèrement.

« À la chasse. »

Darek frappa son verre contre celui d’Aren.

« Et au plan du nouveau. »

Aren esquissa un sourire fatigué.

Ils mangèrent longuement.

La nourriture chaude avait un goût incroyable après une journée aussi difficile.

L’alcool circula plusieurs fois autour du feu.

Les conversations devinrent plus animées.

« Quand les bombes ont explosé », raconta Milo en riant, « j’ai cru que tout le marais allait sauter. »

Darek hocha la tête.

« Moi j’ai cru que j’allais finir aplati quand il m’a percuté. »

Lyria regarda Aren.

« Mais je dois admettre… ton idée nous a sauvés. »

Aren haussa légèrement les épaules.

« C’était la seule solution. »

La nuit tomba doucement sur les marais.

Finalement, l’épuisement l’emporta.

Un par un, ils allèrent dormir.

Le lendemain matin, la brume recouvrait de nouveau les marais.

Le camp fut rapidement démonté.

Les sacs remplis de matériaux furent attachés.

Puis les chasseurs prirent la route vers Dundorma.

Le voyage dura plusieurs jours.

Ils quittèrent lentement les marais pour traverser des plaines, puis des routes de plus en plus fréquentées.

Le soir, ils s’arrêtaient pour monter un petit camp.

Ils mangeaient simplement, discutaient un moment, puis dormaient sous les étoiles.

Au troisième jour de voyage, les grandes murailles de Dundorma apparurent enfin à l’horizon.

La ville était immense.

Ses murs de pierre dominaient la plaine et ses tours de garde surveillaient les alentours.

En franchissant les portes de la ville, Aren sentit immédiatement l’agitation de Dundorma.

Les marchands criaient leurs prix.

Les chasseurs discutaient bruyamment.

Les chevaliers de la guilde patrouillaient dans les rues.

Aren eut un léger moment de vertige.

Lui qui avait grandi dans un petit village isolé dans les montagnes avait encore du mal à s’habituer à une ville aussi vivante.

Mais peu à peu, il commençait à trouver ses repères.

Le groupe se dirigea directement vers la guilde.

À l’intérieur, l’activité était intense.

Des chasseurs entraient et sortaient constamment.

Derrière le comptoir, Lyessa écrivait dans un registre.

Lorsqu’elle leva les yeux et aperçut le groupe…

Un sourire apparut immédiatement sur son visage.

« Vous êtes revenus. »

Elle observa rapidement leurs armures couvertes de boue et leurs blessures encore fraîches.

« Vu votre état… je suppose que la chasse n’a pas été simple. »

Darek posa le morceau de carapace du Barroth sur le comptoir.

Le bruit attira l’attention de plusieurs chasseurs autour.

Lyessa examina la pièce.

Ses yeux s’agrandirent légèrement.

« Impressionnant. »

Elle tourna quelques pages de son registre.

« Donc… la chasse au Barroth des marais est terminée. »

Milo sourit.

« Terminé, explosé et découpé. »

Lyria croisa les bras.

« Il nous a donné du fil à retordre. »

Lyessa leva les yeux vers Aren avec un sourire amusé.

« Et j’imagine que vous avez encore trouvé une solution étrange pour vous en sortir. »

Aren haussa légèrement les épaules.

« On a improvisé. »

Elle nota plusieurs informations dans son registre.

Puis elle sortit plusieurs pièces.

Elle les posa sur le comptoir.

« Récompense de la guilde : 1800 zenny pour chacun. »

Darek soupira.

« C’est peu pour un monstre pareil. »

Lyessa haussa les épaules.

« Les règles de la guilde sont les règles. »

Milo ramassa les pièces.

« Être chasseur n’a jamais été un métier facile. »

Lyria sourit légèrement.

« Mais au moins, on est vivants pour dépenser cet argent. »

Lyessa referma le registre.

« Essayez de revenir dans le même état la prochaine fois. »

Elle regarda Aren avec un petit sourire.

« Ça m’éviterait de remplir trop de rapports d’accident. »

Ils quittèrent la guilde et se dirigèrent vers une grande taverne.

Rapidement, leur table se remplit de nourriture et d’alcool.

D’autres chasseurs vinrent les rejoindre.

« Alors, c’est vous qui avez tué le Barroth des marais ? »

Darek se redressa fièrement.

« Exactement. »

Milo ajouta :

« Vous auriez dû voir l’explosion. »

Les histoires s’enchaînèrent.

Les rires résonnèrent dans la taverne.

La soirée passa dans la joie et la bonne humeur.

Finalement, tard dans la nuit, Aren quitta la taverne.

Il retourna à son auberge.

Le voyage l’avait épuisé.

La chasse aussi.

Il s’allongea sur son lit.

Un sentiment de fierté remplissait son cœur.

Sa première grande chasse.

Mais une pensée persistait.

Le Barroth avait été redoutable.

S’il avait été seul…

Il n’aurait probablement pas survécu.

Il devait devenir plus fort.

Beaucoup plus fort.

Avant de s’endormir, il pensa déjà à demain.

À une nouvelle armure.

Et au forgeron.

Le lendemain matin, le soleil était déjà haut lorsqu’il se réveilla.

Il avait dormi plus longtemps que d’habitude.

Ses muscles étaient encore douloureux.

Il enfila une tenue légère et descendit se laver le visage.

Après cela, il commanda un petit déjeuner.

Une fois terminé, il remonta dans sa chambre.

Dans un coin de la pièce se trouvait un grand coffre en bois.

Presque deux mètres de long.

Aren l’ouvrit.

À l’intérieur se trouvaient tous les matériaux qu’il avait accumulés depuis ses premières chasses.

Pierres.

Os.

Peaux.

Écailles.

Griffes.

Il réfléchit un moment.

Puis il prit plusieurs pièces : quelques écailles, des fragments d’os et plusieurs griffes.

Il les rangea dans sa sacoche.

Puis il quitta l’auberge.

Les rues de Dundorma étaient déjà animées.

Marchands, chasseurs et citoyens circulaient dans une agitation constante.

Aren se dirigea vers le quartier des forgerons.

Rapidement, le bruit des marteaux frappant le métal remplit l’air.

La chaleur des forges se faisait sentir.

La fumée s’élevait au-dessus des toits.

Il tourna dans une petite ruelle.

Une petite forge se trouvait là.

Il poussa la porte.

Une cloche tinta.

Un jeune forgeron releva la tête.

« Aren ! »

Il essuya ses mains couvertes de suie sur un chiffon.

« Je suis content de voir que tu es toujours entier. »

Aren sourit légèrement.

« De justesse. »

Le jeune forgeron s’approcha.

« Alors ? La chasse ? »

Aren posa sa sacoche sur la table et sortit les matériaux.

« Voilà ce que j’ai. »

Le forgeron observa attentivement les objets.

Il en prit un.

Puis un autre.

Il réfléchit quelques secondes.

Puis il leva les yeux.

« Honnêtement ? »

Aren haussa un sourcil.

Le forgeron soupira.

« Pas grand-chose. »

Aren fronça légèrement les sourcils.

Le forgeron tapota les matériaux du doigt.

« Ce sont de bons matériaux… mais il manque une base solide. »

Il croisa les bras.

« Si tu avais du minerai de fer… je pourrais te fabriquer quelque chose de bien meilleur. »

Aren resta silencieux.

Du minerai de fer…

Il n’en avait pas.

La question se forma lentement dans son esprit.

Où pouvait-il en trouver ?

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